De la cité à l'élite...

Interview de Raphael Pujol-Siwane...

Crédit Photo Danny Chan Photography

Trimes continue sa découverte des élites francophones, c’est fois-ci, on s’est intéressé à Raphael Pujol-Siwane. Son cas est plutôt intéressant puisque rien ne le prédisposait au triathlon. (article d'alexandre Saint Jalm pour TRIMES...www.trimes.org

 

Raphael, peux-tu nous dire comment tu as été introduit au triathlon? Pourquoi as-tu choisi ce sport ?

 

Je suis rentré dans le triathlon, il y a maintenant plus de 11 ans, par l’initiative de mon père. Car je faisais déjà plusieurs sports, il voulait que j’essaie le triathlon. Par chance, le club de Sainte Geneviève Triathlon est arrivé au bon moment pour moi. Le choix du triathlon était un défi pour moi, je ne voulais pas faire du foot ou rester dehors à ne rien faire. Le triathlon, c’était totalement inconnu dans mon quartier à Évry.

 

On peut dire que tu es un véritable produit Sainte Geneviève?

 

Oui, j’ai toujours été entrainé par Bernard Geffroy. Je suis au club depuis sa création. C’est un véritable plaisir d’être là.

 

J’imagine que cela doit être une grande fierté pour toi d’avoir été sélectionné dans leur équipe de D1. 

 

C’est vrai! Ça fait un peu plus de 2 ans que je cours dans ce championnat. Être dans l’équipe au côté de Vincent Luis, Mathieu Marteau ou encore Yvan Jarrige, c’est un réel plaisir. D’autant plus que cette année, je me suis classé pour la première fois pour l’équipe sur l’étape à Valence. Je remercie Bernard et Christine pour me permettre de courir en D1.


Tu habitais donc dans une cité, comment réagissait les autres face à ta pratique du triathlon?

 

À Évry dans le quartier Bois sauvage (je ne dis jamais cité en fait), la réaction des autres ne m’a pas été favorable, je dirais que c’était bizarre. On m’a souvent pris pour un fou! On disait que je m’entrainais pour rien! C’était d’autant plus vrai puisqu’après les cours, mes amis restaient dehors à rien faire. Ils s’étaient fait un préjugé du triathlon, enfin, surtout sur la natation et la course à pied. Le foot était le sport à faire. On m’a toujours dit que le Triathlon était un sport de riche, aujourd’hui, je démontre le contraire.

 

As-tu l’impression que cela t’a permis de t’en sortir?

 

Oui! Je pense que l’encadrement du club de Sainte-Geneviève-des-Bois et celui de mes parents me permettent de m’en sortir. D’ailleurs, même si je garde un pied dans mon Quartier, je suis maintenant dans un Nouveau Monde, désormais, mes amis du quartier m’aident … Ils m’encouragent et me suivent, ils ont tous suivi le live du championnat du monde U23 lorsque de sa retransmission.

 

Tu as eu la chance de côtoyer dans le passé Vincent Luis et tu es aussi un proche d’Aurélien Raphael, j’imagine que ce sont des références pour toi? 

 

Exactement, Aurélien je le connais depuis mes débuts tout comme Mathieu (Vincent est arrivé plus tard). Bien sûr que ce sont des références pour moi et les autres athlètes, vu ce que Vincent nous apporte en tant qu’athlète, ça donne envie de rêvé tout de même…Je partage toujours avec eux, sur différents points et aspects de course. Ça m’aide à grandir et c’est un avantage de les côtoyer.

 

Parle-nous de ton développement, quels sont tes forces et tes faiblesses?

 

J’ai plusieurs clubs dans lesquels je m’entraine, en natation je suis au club Usro Natation. Je suis entrainé par Célestin. Il m’aide à tous les jours dans mon évolution d’athlète, il a surtout réussi à me comprendre (car c’était dur NDLR). En athlétisme, je suis au Club Athlé91 avec Boris Le Helloco, il m’aide à être en forme sur les différentes compétitions, et j’ai Bernard Geffroy qui coordonne tout cela pour que je puisse arriver le plus en forme possible. Mes forces, je ne les connais pas vraiment… Peut-être en course à pied, mes faiblesses sont partout. Il faut toujours travailler plus.

 

Tu as choisi de représenter le Maroc, âgé de 20 ans, tu as fini 30e en U23 à Edmonton. Peux-tu nous parler de ta course ?

 

J’ai choisi de représenter le Maroc puisque c’est une proposition qui m’a été offerte par Yannick Petit (DTR) et même si dans ma dernière année en junior j’étais sélectionné sur les sélections nationales (FFtri), ma préférence s’est portée sur le Maroc. Edmonton était donc ma première course au niveau mondial. C’était assez impressionnant de se retrouver au côté des meilleurs Mondiaux U23. J’y ai pris un réel plaisir. Je finis 30e avec une natation et course à pied moyenne, je reste donc persuadé que je peux faire mieux l’année prochaine, c’est notre projet avec mon coach. J’ai aussi fait Hong-Kong en coupe asiatique où je finis 10e ÉLITE.

 

Quelle était la réaction de la fédération du Maroc face à cette performance? J’imagine que cette fédération n’a pas les mêmes moyens que les grandes puissances…

 

Elle était tout de même contente, après tout, comme tu le dit, ils n’ont pas les mêmes moyens que les grandes nations. Ils m’ont tout de même aidé à aller à Edmonton ainsi qu’à Hong-kong et je leur suis entièrement reconnaissant. J’espère que cela continuera à bouger. Même si c’est dur, le triathlon n’est pas encore vraiment développé au Maroc, et j’espère devenir un jeune  précurseur pour son développement. Je remercie Mr Tazi et Mr Alouajaji qui s’occupent du développement du triathlon  au Maroc.

 

Ce week-end aura lieu les championnats d’Afrique, malheureusement tu n’y seras pas. Pourquoi?

 

Je ne serais pas à la Coupe D’Afrique, le Maroc est une petite nation. Et donc, ils ne peuvent pas m’aider pour faire le déplacement à Agadir. C’est vraiment dommage.

 

J’imagine que tu as le projet olympique en tête?

 

Oui, les Jeux olympiques sont présents depuis le début de ce projet. Mon pays est défini par l’ITU comme un pays émergent, les critères de qualification sont donc différents.

 

Et l’avenir? 

 

Les prochains objectifs c’est déjà de faire la coupure, ensuite je repartirai  à l’entrainement. L’objectif premier c’est bien sûr de retourner aux championnats du monde de triathlon, mais c’est aussi de marquer le maximum de points en vue des Jeux olympiques sur différentes compétitions.

 

On imagine que ta première épreuve est de trouver le financement pour faire toutes ces courses à l’international.

 

Exactement, même si le Maroc m’aide, je suis toujours à la recherche de sponsors pour continuer à courir dans le monde, cela reste déterminant pour ramasser des points pour les Jeux.